Les derniers résultats trimestriels — plus dus à des mesures d’économie qu’à des innovations incrémentales — de Carrefour ne peuvent cacher une crise existentielle majeure des GSA et GSB.

Il y a deux ans, je (Stéphane Picavet) vous partageais une analyse de la crise profonde des centres commerciaux aux États-Unis et au Royaume-Uni en n’intéressant personne ou presque.

Il est vrai qu’en France, de grands programmes pour la construction de nouveaux centres étaient sous les projecteurs : Open Sky à Sophia Antipolis, Shopping Promenade Ode à la mer à Montpellier, 3 pays à Hésingue, EuropaCity au nord de Paris, des nouveaux complexes de plus de 100000 mètres carrés chacun.

Aujourd’hui, ces projets sont soit abandonnés, soit fortement contestés, soit interdits.

Le président de la République a lui-même estimé que « le projet d’EuropaCity ne correspond plus aux aspirations des concitoyens. »

Pourtant, à y regarder de plus près, les promoteurs ont su moduler leurs projets en y injectant des innovations, et en les mixant avec des bureaux et des habitations, et en promettant des centaines d’emplois à des territoires qui les attendaient.

Mais la ministre de la transition écologique a balayé les arguments, concluant que « EuropaCity n’est pas la bonne réponse aux enjeux du territoire. »

Si cette décision peut paraître symbolique pour un gouvernement en mal de démonstration d’actions écologiques, elle est pour moi plus révélatrice que cela.

En effet, les centres commerciaux en périphérie des villes sont pour la plupart en difficulté structurelle depuis plusieurs années : coût du carburant pour les rejoindre, concurrence d’internet, difficulté d’accès avec le mouvement gilets jaunes sur les ronds-points, manifestation de groupes écologiques. Ces difficultés ne doivent pas cacher un modèle à bout de souffle sans aucun avenir.

Comme le soulignait le DG de Auchan dernièrement, le modèle des hypers et des centres commerciaux n’a pas évolué depuis leur création.

Mais que proposent ces centres commerciaux, galeries marchandes et zones commerciales mixant GSA (Grandes Surfaces Alimentaires), GSS (Grandes Surfaces Spécialisées) et GSB (Grandes Surfaces de Bricolage)?

Des magasins formatés en linéaires alignant leurs dernières nouveautés et produits industriels avec un personnel en charge du bon remplissage de ces linaires avec parfois quelques produits issus du terroir pour quelques enseignes.

À l’aube de la généralisation de l’intelligence artificielle qui peut vous présenter instantanément le produit que vous auriez mis plusieurs minutes à identifier, comparer, valider… À l’aube de la généralisation des robots pour assurer la logistique jusque la boucle du dernier mètre avec les camions autonomes sans chauffeur, les micros robots de picking et chaînes autonomes de packaging… Ce modèle de retail est totalement dépassé et n’a plus aucun avenir.

Les néo-magasins se cherchent encore un modèle.

Les veilles enseignes de GSA créent de nouveaux « formats » de distributeurs en centre ville. Alors que Franprix et Monoprix du groupe Casino enchaînent les tests de nouveaux concepts depuis plusieurs années, Auchan et Carrefour lancent aussi des nouveaux formats transformant leurs points de vente en centres de services pour dynamiser leur trafic.

Les GSA, GSA, et GSB ne sont pas les seules à être en difficulté… Les grandes enseignes du retail vestimentaire souffrent du même problème de manque d’innovation et de changement.

Le retail « classique » va disparaître — Les GSA à la traîne

la fin du retail classique - les gsa, gsb, et gss en pleine crise

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